Décor Sonore

Les cabinets de curiosités…

Nés vers le milieu du XVIIIe siècle, les cabinets de curiosités sont des lieux où se marient science expérimentale et sociabilité de salon ; ils sont le théâtre d’essais, de démonstrations et d’enseignement.

Alliant une vocation pédagogique toujours présente à une envie de merveilleux propres à ces industries qui amusent en instruisant, les attractions foraines proposent au XIXe et au début du XXe un aperçu spectaculaire dans les domaines des mathématiques, des sciences naturelles et des sciences humaines. Sur la fête foraine, ces physiciens-démonstrateurs, physiciens-prestidigitateurs ou ingénieurs-mécaniciens, qui se font appeler professeurs, exhibent et dévoilent toutes les applications modernes de la science, notamment celles qui autorisent des effets magiques : le magnétisme, l’électricité, l’optique, les propriétés de l’air et les encres invisibles.

Ici, point de foetus en bocal ni de femmes-éléphantes-siamoises, mais des monstres sonores tout aussi génétiquement inclassables, mutants acoustiques échappant aux règles de la lutherie et aux modèles d'esthétique musicale classique. Le public pénètre d'abord dans une sorte d’antichambre obscure, peuplée de voix fugitives émanant de toutes les directions, dans laquelle trois régisseurs s'affairent aux commandes d'étranges machines sonores. Il s'agit d'instruments-sculptures électroniques apocryphes de l'artiste plasticien contemporain Peter Keene, sur lesquels le public produit peu à peu lui-même son propre concert. Au terme de ce prologue, trois musiciens-démonstrateurs et leur bonimenteur-chef d'orchestre rejoignent les préparateurs pour débuter la séance, au cours de laquelle le public va tirer au sort les monstrations de la soirée...