Décor Sonore

Borderliners autour de la rue Watt

Ces balades, initiées en 2014 sur les zones frontières du nord de Paris (voir Borderliners), sont toujours conçues comme des marches d’écoute collective d’un territoire, autant pour découvrir le paysage d’un quartier que pour sensibiliser celles et ceux avec qui nous l’écoutons, qui peuvent être aussi bien des riverains que des aménageurs ou des élus. En effet, l’oreille nous guide vers des lieux que les yeux nous cachent et nous montre des aspects invisibles de notre environnement.


Deux balades ont été conçues pour le quartier de la rue Watt. L’une, le samedi 7 avril à 10h30, pour tous publics (avec des invitations particulières en direction de l’Armée du Salut) ; l’autre le 10 avril en tant qu’«expérience initiatique» dans le cadre d’une journée complète de formation menée par Michel Risse pour un groupe d’enseignants. 


Promenades d’écoutes esthétiques autant que réflexions sur l’écologie sonore d’un quartier, elles sont aussi le laboratoire d’expérimentations de «jardinages acoustiques», c’est-à-dire d’introduction de modes d’écoute inhabituels (stéthoscopes, casques…) et d’interventions dans le paysage en diffusant, jouant ou organisant des sons contextuels mêlés à l’environnement sonore. Ainsi c’est au cours de collaborations avec le Conservatoire d’Aubervilliers-La Courneuve que se sont développées les expériences de «jardinages» avec des musiciens qui allaient conduire au projet de Concert\Concret, musiciens que nous avons invités à travailler avec nous sur ce parcours, presque toujours en situation acousmatique, c’est à dire cachés à la vue des promeneurs, et en interaction directe avec le paysage sonore.


L’installation sonore dans la rue Watt, avec ses multiples haut-parleurs, faisait évidemment partie du parcours, et la position centrale de la Cité de Refuge a offert la possibilité exceptionnelle de faire venir du son du ciel (plus exactement de ses toits-terrasse), et irriguer le quartier de souffles et respirations mystérieuses.

Le dessin de Tardi représente fidèlement le carrefour et l’architecture caractéristique de la Cité de Refuge par Le Corbusier & Pierre Jeanneret, où nous étions basés (Brouillard au pont de Tolbiac, ed. Casterman) :

C’est du haut des toits-terrasse de l’Armée du Salut qu’étaient diffusés les «sons qui viennent du ciel».