Décor Sonore

Le DIPA : Détecteur Individuel et Portatif d’Acousmates

Le DIPA se compose d’une fourche auriculaire similaire à celle d’un stéthoscope, et d’une antenne très légère et maniable.

La conception de cette antenne reposait sur une triple exigence artistique :

  • Une cohérence entre le discours autour de l’invention mythologique de la paléophonie et l’utilisation par le visiteur du « détecteur portatif d’acousmates », dispositif que son inventeur, Marcel Baudot, aurait pu lui-même concevoir et utiliser dans les années 1930. Cette sorte de retro-engineering imaginaire ou de rétrofuturisme technologique ne pouvait pas être une application sur smartphone par exemple, qui n’aurait pas été crédible à cause de son anachronisme.

  • Une exigence de faire percevoir des changements sonores au moindre déplacement de l’antenne manipulée par le visiteur, et de rendre ainsi ces manipulations parfaitement intuitives (aucun apprentissage requis) et ludiques, tout en mettant en scène les visiteurs eux-mêmes. L’instrument détecteur devait pouvoir être distribué et rangé facilement par un personnel non spécialiste.

  • Une création sonore basée sur un dispositif réellement immersif, créant un continuum parfait sans seuil de déclenchement ni rupture entre les différentes voix de polyphonie / canaux du programme multiphonique.

A cela s’ajoutaient les contraintes classiques d’un dispositif sonore portatif que connaissent la plupart des musées et expositions : manipulations incorrectes ou malheureuses des lecteurs, récepteurs et écouteurs, vols, maintenance, recharges ou changement de piles, etc. Ainsi, par exemple, la forme et l’encombrement de cette antenne correspondait bien à la fois à la volonté de mettre en scène le visiteur et à l’impossibilité d’emporter le détecteur hors de l’abbaye sans se faire remarquer.

Notre réplique du « Détecteur Individuel et Portatif d’Acousmates » originel est ainsi un hybride de ce qu’a pu connaître Baudot en matière d’écoute, de bobinage électrique et de détection de choses invisibles : quelque part entre le stéthoscope, l’antenne radio, la baguette de sourcier, la spirale du ressort, de l’insecte, de la crosse et même de la Pataphysique, cette « science des solutions imaginaires ». Ce qui avait pu inspirer Baudot pour concevoir son détecteur portatif d’acousmates ne pouvait que nous guider pour réaliser sa résurrection : un cadre d’antenne de détection radio couplé à un transducteur auriculaire et fonctionnant sans électricité.

Design et réalisation des détecteurs : Jonathan McIntosh