Décor Sonore

Jardin Sharawadji

Composition et direction artistique : Michel Risse

Création en cours...

Que sera le compositeur du futur ? Je le vois plutôt comme une sorte de « jardinier acoustique », en charge de l’équilibre et de l’harmonie du paysage sonore de ses contemporains. Ou encore comme un architecte, plus préoccupé de réaliser des constructions vivantes et habitables que de signer des œuvres formelles et définitives.

Notre paysage sonore urbain ressemble davantage à une friche, un chantier ou un terrain vague qu’à un jardin. Ni à un jardin public, bien propre et fleuri, ni même à un jardin ouvrier, avec ses rangées de légumes, encore moins à un « jardin à la française », triomphe de la « culture » sur la « nature », triomphe de l’ordre sur le hasard, comme on peut l’admirer à Versailles par exemple.

Or, c’est en contraste avec cet ordonnancement parfaitement géométrique du paysage qu’au XVIIIème siècle, des voyageurs européens furent frappés par la beauté inexplicable des jardins d’Orient, dont l’harmonie n’obéissait à aucune règle apparente, et qu’ils en rapportèrent le terme « sharawadji » pour désigner une heureuse asymétrie, un « gracieux désordre ».

L’ « effet Sharawadji », en musique, se caractérise par la coïncidence d’événements et d’ambiances sonores, par un ordonnancement imprévu, un ordre qui émerge du chaos apparent des choses, sans pour cela que la structure de cet ordre soit visible ou explicable. Cet effet tire son nom des jardins orientaux qui surprirent et charmèrent les voyageurs du XVIIIème siècle, plus habitués aux jardins « à la française » et à leurs géométries symétriques.

Ici, il s’agit de créer un « jardin » invisible, composé de sources sonores totalement contextuelles, construit essentiellement sur l’architecture et le paysage existants, tant dans l’espace physique que dans celui des timbres, hauteurs, dynamiques et durées.

Ainsi, il utilise et met en valeur les sons permanents récurrents du site (ventilations, bourdonnements, rumeurs du métro et de la circulation automobile) ainsi que des éléments significatifs de l’architecture (parois, sculptures, barrières…). Par le choix judicieux, le traitement électroacoustique, l’équilibre et la composition de ces sources sonores, complété d’une création lumière minimale harmonisant les ambiances lumineuses existantes et dramatisant les performances, ce « jardin » crée de nouvelles perspectives et entraîne le visiteur dans un parcours de redécouverte du paysage sonore.

Équipe

Composition et direction artistique :
Michel Risse

Direction technique :
Renaud Biri

Communications sur le projet Sharawadji

 

Sharawadji : le compositeur en jardinier acoustique
Revue Filigrane, avril 2015
 

Music and Ecologies of Sound / Musique et écologies du son

27, 28, 29 mai 2013 - Colloque international Université Paris 8

Hors Les Murs - Temps fort sur la création sonore en espace public
Mardi 5 février 2013 au WIP La Villette

Création musicale et jardins #4
Samedi 26 janvier 2013 au CDMC
Ecoutez l'intervention de Michel Risse ici

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L’Effet Sharawadji

Récemment réintroduit en philosophie (1976, Louis Marin) et en esthétique sonore (1995, J-F Augoyard & H. Torgue), « le beau Sharawadji s'affirme par contraste avec la banalité dont il est pourtant issu. Les sons sharawadji, en soi, appartiennent au quotidien ou au registre musical connu. Ils ne deviennent sharawadji que par décontextualisation, par rupture des sens. Si la matière sonore qui suscite l'effet sharawadji reste à l'appréciation de chacun, dans un contexte donné, les paysages sonores et tout particulièrement les paysages sonores urbains peuvent, par leur imprévisibilité et leur diversité, le favoriser ».

Création 2012 pour Nuit Blanche

A la recherche du mystérieux « Effet Sharawadji ».

Pour Nuit Blanche 2012 (6 octobre), Michel Risse a créé un "jardin" invisible sur le campus Jussieu de l'UPMC depuis l'entrée située au N°9 du quai Saint-Bernard jusqu’au belvédère de la tour Zamansky transformée en phare sonore.

Création 2011 sur la Jakominiplatz (Autriche)

Du 29 juillet au 6 août 2011, pendant les 9 jours et 9 nuits du festival La Strada à Graz, le compositeur Michel Risse et la compagnie Décor Sonore ont transformé les 43 lampadaires de la Jakominiplatz en un jardin invisible de 43 fleurs sonores en perpétuelle éclosion. Dérive presque imperceptible du paysage sonore, rencontres sans rendez-vous avec des passants danseurs et musiciens, correspondances entre le paysage sonore, les corps et les signes graphiques.